Islande, seule au monde.
Part II.

Une fin de semaine "nice & warm" à Reykjavik.

Publié December 17, 2011, par Julien Leconte



Il pleut des bombes sur Hverfisgata



Avez-vous déjà utilisé le réseau CouchSurfing afin de vous loger gratuitement dans une ville? Il s’avère relativement facile de trouver des appartements propres et confortables grâce aux commentaires laissés par d’anciens couchsurfers à propos de leur séjour. Ainsi, vous avez une meilleure idée du profile des hôtes disponibles afin de bien le choisir.

Lorsque nous avons regardé pour une chambre à Reykjavik, nous sommes tombés sur plusieurs Couchs (hôtes) potentiels. Malheureusement, une seule personne a répondu à l’appel : Axel. Aucun signe de vie de la part de Hodor, ni de Thor (plusieurs noms islandais sonnent épiques!). Axel recevait des commentaires positifs de la part de tous les surfeurs y ayant créché. « Un type simple, sympathique et social ». « Des gens comme Axel, on aimerait en rencontrer chaque jour de sa vie ! » Étrangement, aucun commentaire sur son logement... Une seule fille avait brièvement mentionné son logis... » Si vous n’êtes pas trop regardant, vous y passerez un temps merveilleux en bonne compagnie ». Bon. Ce n’est surement pas si pire, 100 % des commentaires sont positifs...

Après une semaine fantastique à parcourir le sud de l’île, on rend notre camper le samedi matin. L’employé chez Kuku Campers en profite pour nous souhaiter une superbe fin de semaine à Reykjavik nous mentionnant notre chance puisque la température sera "nice and warm" ! Ce qui veut dire 15 degrés tout le week-end, sans soleil, mais au moins sans averses. Ensuite, on prend un bus qui nous approche de la maison d’Axel au centre-ville. Nous y déposerons nos sacs avant de profiter de la journée pour visiter la ville. Après tout, nous y passerons que 24 heures avant de se rendre à l’aéroport le lendemain. On réussit à trouver la rue Hverfisgata. Chantier de construction. La rue entière dégarnie de son pavé. On apprendra plus tard que la ville entame un processus de reconstruction des trottoirs et des routes. Dorénavant, des tuyaux voyageront sous toutes les rues du centre-ville pour y faire passer de l’eau volcanique. Ingénieuse façon de se faire fondre de la neige et la glace pendant l’hiver. Le projet débute sur la rue d’Axel. En y marchant, on se rend compte que cette avenue n’est pas des plus gaies. Avant de s’apercevoir que son adresse apparaît sur la façade la plus délabrée de la rue. On s’approche de la porte avant d’y donner 2-3 coups, car aucune sonnette (bien sûr) n’y figure...


Château Frontenac. Version Reykjavik.



Imaginez-vous un lendemain de party dans une série télé britannique portant sur des adolescents dépravés (du genre Skins)... Le party ayant eu lieu quelques heures plus tôt dans cette maison. L’hôte, qui s’était couché quelques heures au paravant, nous répond après 3 tentatives à la porte. Torse nu, pantalons déboutonnés, paupières lourdes. Son visage trahit sa veillée, il put à dix mètres. « Oh... Hey guys. Thought you were commin' tomorrow... ». Oups. Impatients d’entrer nous sommes ! « Mmmm, okay. So this is your room. Let me just clean up a bit! » Yikes ! Il y a sale, et ensuite il y a chez Axel... On apprend que la maison a environ 110 ans et qu’elle fut abandonnée en 1978... Axel y habite depuis environ 16 mois... Clairement, il remet le ménage et les rénovations à plus tard... On prend la décision de rester. Au final, Axel est effectivement sympathique. Tout un personnage, certes divertissant! Sauf que l’on décidera de visiter jusqu’à très tard le soir, revenir pour dormir et s’en aller avec nos sacs au petit matin! Haha. Bref, cet évènement adoucira peut-être un éventuel choc culturel en Inde dans quelques mois... Qui sait !


La clé du paradis avec chanson des Ghostbusters en prime!



Reykjavik, 24 heures chrono.



Comparer cette capitale à son pays s’avère un exercice injuste. La ville de Reykjavik charme pour ce que je pourrais décrire comme la simplicité dans la complexité. Certains lieux de la ville nous donnent l’impression d’une version agrandie d’un typique village campagnard canadien (Baie St-Paul, exemple). Maisons colorées aux bordures blanches, port d’attache à l’Atlantique, tradition locale pour la pêche (homard et autres fruits de mer y sont en valeur, mais également la viande de requin ou de baleine !).


Reykjavik, la plus nordique des capitales du monde.



Cependant, étant la seule ville du pays (un résidant m’a d’ailleurs corrigé lorsque j’ai nommé Holt comme une ville... « A city ? Here there is only Reyjkavik my friend. Holt, as all the other places on the island, is a village), Reyjkavik se distingue du village de pêcheur traditionnel par son abondance de bars, restaurants et cafés. Plus de 100 bars y sont d’ailleurs répertoriés... Pour quelque 120 000 habitants, cela donne un ratio élevé de bars! Une fois arrivés au centre-ville, c’est comme si l’on arrive dans une autre cité... Architecture moderne, attroupement de jeunes sur les terrasses, musique, bref un nightlife bruyant et actif, typique d’une ville cosmopolite en effervescence !

Tout comme le reste du pays, Reykjavik coûte extrêmement cher. Pour vous donner une idée, le prix d’une pinte de bière dépasse les 10 $ canadiens... Mais bon, nous avons quand même profité de notre passage pour parcourir quelques adresses intéressantes... Comme le Big Lebowski Bar qui comme le nom l’indique dédie la totalité de son concept au film culte des frères Coen ! Ou le Landromat Cafe où le latte s’y déguste dans un décor traditionnel d’un café du Mile-End, en remplaçant cependant les bustes d’animaux par des portes de laveuses rétro. Intrigant !

Nous avons visité quelques lieux marquants de la ville. Parmi ceux-ci, la Hallgrímskirkja, la plus grande église en Islande ; le Harpa, leur nouvelle « maison de verre » où dorénavant les concerts prestigieux ont lieux ; Laugavegur, la rue principale où la majeure partie des bars/restaurants sont situés ; le Sólfar, ou le voyageur du soleil, sculpture métallique rappelant l’héritage viking du pays ; mais aussi de superbes opinber böð (bains publics en islandais !)


L'église gothique Hallgrímskirkja

Le Sólfar.



En 24 heures, nous n’avons qu’échantillonné une parcelle de cette ville qui a beaucoup à offrir. Si jamais vous passez par l’Islande, le premier conseil que j’aurais à vous donner est de commencer par la capitale. Le contexte dans lequel nous l’avons visitée n’était pas idéal. On venait de parcourir le sud du pays ayant été ébloui par la splendeur des paysages et la singularité de divers phénomènes naturels. La ville nous a paru quelque peu… ordinaire. Malgré tout, nous avons passé une superbe fin de semaine, mais nous aurions pris 2 jours de plus (voire 2 semaines !) dans les montagnes parmi les brebis et chevaux !